Chronique|

Dubaï, entre fête foraine et palmier géant

La grande roue Ain Dubaï était fermée pour des réparations ce printemps.

CHRONIQUE / Du stationnement pouvant accueillir plus de 20 000 voitures, un des plus grands de Dubaï, on palpe déjà la fébrilité à travers le clignotement des millions d’ampoules. Le flot de visiteurs ininterrompu se dirige vers la réplique de la cathédrale Basile-le-Bienheureux, qui agit comme goulot d’étranglement et de guichet pour valider les billets.


Avec ses allures de fête foraine, Global Village est aussi populaire auprès de la population locale que des touristes, qui le visitent par millions chaque année. Épileptiques s’abstenir. 

Une fois le laissez-passer acheté et la sécurité franchie — on fouillera tous les sacs à dos — on aperçoit dans le même quadrilatère le Big Ben de Londres, la tour penchée de Pise, un temple japonais et une immense statue en bois d’un autochtone entouré de cinq plumes géantes. Bienvenue dans le paradis de la démesure et du stéréotype. 

Il faut bien dix ou quinze minutes pour se remettre du tournis occasionné par l’orgie de lumière et la foule bourdonnante. Après, on commence à découvrir le site de 1,6 M de mètres carrés qui regroupe 26 pavillons représentant 80 pays. 

Le Moyen-Orient est bien illustré avec des pavillons pour l’Iran, les Émirats arabes unis, le Yémen et l’Irak. Mais on trouvera bien l’Amérique, aussi, ou plutôt LES Amériques, représentées par le Golden Gate Bridge de San Francisco, une fusée, une coiffe autochtone, un sombrero et des cactus.

Global Village, c’est une orgie de lumières où le Taj Mahal et l’Opéra de Sydney sont construits côte à côte.

Cette mini-expo universelle, qui ouvre ses portes en fin d’après-midi pour divertir ses visiteurs jusqu’au début de la nuit, propose en réalité un immense bazar, paradis du toc et des objets décoratifs, mais aussi des épices, des manteaux de fourrure et de cuir, et des vêtements traditionnels de toutes sortes. 

Ceux qui préfèrent les sensations fortes opteront pour un des 31 manèges, dont plusieurs s’adressent aux enfants, la zone de tir ou la maison hantée.

Quand on a passé l’âge de se retourner l’estomac dans les montagnes russes, on peut se le remplir, l’estomac, dans l’un des quelque 200 restaurants ou stands offrant la gastronomie de partout sur la planète : churros, sushis, poulet au beurre, jus tropicaux et cevapi se côtoient autant dans le marché flottant, sur un faux canal de Venise, dans le marché des fruits ou encore dans le train restaurant, qui demeure toujours en gare. Le défi, c’est de s’éviter de succomber à tous les stands et de frôler l’indigestion. 

Et parce que ce n’est pas tout, on trouve, tout au fond, une scène sur laquelle se relaient les numéros musicaux, tantôt plus proches du théâtre pour enfants, tantôt plus traditionnels avec la présence de derviches tourneurs. 

Après quatre ou cinq heures de surstimulation, on oublie un peu l’exagération et on se surprend à s’amuser au cœur de cet immense carnaval situé à une vingtaine de minutes de voiture au sud de la zone urbaine et hôtelière du Mall of the Emirates

Un archipel en forme de palmier

L’autre secteur de la ville où je m’attendais à de la démesure était la marina et le secteur de Palm Jumeirah, avec sa tour tordue réduisant la poussée des vents et son archipel en forme de palmier. 

Dès qu’on débarque à la marina et qu’on s’offre une tournée en tramway, on découvre Dubaï (encore) sous un nouveau jour. C’est le quartier huppé, celui des tout-inclus et des plages. Les familles se font dorer au soleil, loin de la business du grand centre, du gris du béton. C’est Cancún 4.0. D’autres s’amusent dans un parc d’attractions comme Aquaventure, tout au bout du palmier de sable. La plage, pour peu qu’on aime s’allonger sous les rayons, constitue un bon compromis en attendant que Dubaï s’anime en soirée. Parce qu’en journée, c’est presque le calme plat partout. 

À part la vue sur l’hôtel Atlantis, rien n’est vraiment digne d’intérêt à Palm Jumeirah si on ne fréquente pas un parc aquatique ou un hôtel du secteur.

Même la grande roue Ain Dubaï, apparemment la plus haute du monde avec ses 210 mètres, n’était d’aucun secours pour animer le secteur. Elle refusait de s’ébranler, fermée pour des travaux. Le billet pour un tour coûte en temps normal environ 40 $ par personne... 

On repassera pour la vue...

J’avais donc mis un peu trop d’espoir, pour m’impressionner, dans l’archipel Palm Jumeirah, qui semble néanmoins tout à fait sympathique si on décide d’y élire domicile pour les vacances. Mais pour le badaud qui ne demande qu’à écornifler, le voyage de 5,5 km en monorail pour parcourir le tronc d’un bout à l’autre n’est d’absolument aucun intérêt s’il n’est pas combiné à une expérience aquatique. Marcher sur la corniche, la promenade en bord de mer, ne permettra de voir que l’hôtel Atlantis, dont la silhouette est mondialement connue. Pour le reste : nada!

J’ai remballé mes pénates après vingt courtes minutes pour retourner plus près du cœur de la ville. Ce qui nous intéresse vraiment, au fond, c’est la vue aérienne du fameux palmier. Pour en obtenir une, il faut choisir la tour The View at the Palm, au centre commercial Nakheel. Ou encore, pour les plus «économes», on opte pour un siège hublot lors du vol de retour à la maison. 

Enfin, si vous n’avez pas épuisé la carte SIM obtenue gratuitement à l’aéroport, vous pourriez, de la sortie du monorail, déverrouiller une trottinette électrique à l’aide de votre téléphone et vous offrir la promenade jusqu’au Burj Al-Arab, autre tour mythique de Dubaï. Celle-là, en forme de voile, exigera de bonnes chaussures si vous tentez de vous y rendre à pied à partir de la marina. 

Le journaliste était l’invité de Turkish Airlines.