Un peu de l’observatoire du Mont-Mégantic dans le télescope James Webb

Le télescope James Webb occupera une part centrale de la thématique des soirées d’astronomie au parc national du Mont-Mégantic.

Il y a un peu de l’observatoire du Mont-Mégantic (OMM) dans le télescope James Webb, qu’on décrit comme l’instrument scientifique le plus complexe jamais construit. Le fameux télescope, qui pourrait transmettre ses premières images en juin, sera donc la thématique de la prochaine saison estivale lors des soirées d’astronomie de l’ASTROLab du parc national du Mont-Mégantic (PNMM).


« C’est le plus gros projet en astrophysique de la décennie. C’est probablement l’instrument scientifique le plus complexe jamais construit. Ce qu’on veut mettre en valeur, c’est que le Canada et le Québec sont parties prenantes de ce projet. L’observatoire du Mont-Mégantic a un rôle central dans la contribution canadienne au projet », explique Guillaume Poulin, garde-parc technicien spécialisé en astronomie.

« On pourrait dire simplement qu’il y a quatre caméras à bord, et l’une d’elles est fournie par le Canada. Le chercheur principal est René Doyon, le directeur de l’OMM. Du fait que le Canada et le Québec participent à ce projet-là par l’instrument, ça garantit du temps d’observation à des astronomes canadiens et québécois. C’est ce qui est majeur. »

L’astronome René Doyon est chercheur à l’Université de Montréal et il a développé une expertise en infrarouge à l’OMM.  

La signature canadienne se trouve aussi sur la caméra de guidage fin sur le web, permettant de pointer précisément le télescope sur des cibles.

Des chercheurs québécois de l’Institut de recherche sur les exoplanètes (IREX) ont notamment obtenu du temps d’observation grâce à cette collaboration. « C’est de la science de très haut niveau qui sera rendue disponible pour des astronomes d’ici. »

Que pourra-t-on observer avec Webb?

Il pourrait permettre d’observer les premières galaxies de la Terre. 

« On va pouvoir voir plus loin dans l’univers qu’avec n’importe quel autre télescope. Voir plus loin, dans l’univers, ça équivaut à remonter dans le temps. On va voir des galaxies plus jeunes, on espère voir les premières galaxies à s’être formées dans l’univers et possiblement, les premières étoiles aussi. » 

« Une des choses auxquelles on s’attend, c’est un peu le télescope des origines. Les origines de l’univers, des galaxies, des étoiles, des planètes et parallèlement à ça, peut-être même les origines de la vie », dit-il en soulignant le rôle de l’infrarouge dans la technologie.

« Le télescope sera très différent d’Hubble, parce qu’il va observer une autre sorte de lumière. Observer une autre sorte de lumière, c’est carrément ouvrir une nouvelle fenêtre sur l’univers. C’est un point de vue complètement différent qu’on va avoir », vulgarise-t-il également.

Le télescope a atteint son orbite finale en janvier à quelque 1,5 million de kilomètres de la Terre. Il s’agit d’une mission de la NASA, de l’Agence spatiale canadienne (ASC) et l’Agence spatiale européenne (ASE). Selon l’Agence France-Presse, le coût pour la Nasa est estimé à 10 milliards de dollars. 

Un incontournable

Ce sujet était donc tout désigné pour devenir la thématique, particulièrement lors des soirées d’astronomie. D’autant plus que les premières images du télescope pourraient être disponibles en juin, voire juillet. Ces images pourraient être montrées lors des soirées sur écran géant à haute définition, note Guillaume Poulin. « Ça risque d’être assez spectaculaire. »

Une présentation d’une trentaine de minutes s’inscrira dans la soirée d’astronomie. « Mais je dirais que tous les gens qui vont venir faire une activité cet été vont entendre parler du James Webb parce que c’est tellement majeur qu’on ne pourra passer à côté… »  

Il sera toujours possible pour les visiteurs de voir le film Émergence pendant les visites de jour.