Une rétine artificielle pour résoudre un problème de vision

Bien qu’il reste de nombreux défis technologiques à surmonter, la rétine artificielle est une avenue prometteuse pour traiter les personnes atteintes de rétinite pigmentaire, affirme William Lemaire.

Développer une rétine artificielle pour traiter la cécité : voilà le défi que s’est lancé William Lemaire, doctorant à l’Université de Sherbrooke (UdeS) et membre de l’équipe du Groupe de recherche en appareillage médical de Sherbrooke (GRAMS).


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William Lemaire compare l’œil à une caméra lorsque vient le temps d’expliquer ce qu’est une rétinite pigmentaire, soit une maladie héréditaire qui cause la mort des cellules responsables de capter la lumière et de produire une information électrique.

« La rétine, cette membrane située au fond de l’œil, fait office de capteur qui traduit l’image lumineuse en signaux électriques. Le nerf optique envoie ces signaux au cerveau, tout comme un câble USB transmet l’image d’une caméra à un ordinateur », image celui qui contribue depuis près de quatre ans au développement d’une rétine artificielle.

« Les personnes atteintes d’une rétinite pigmentaire perdent progressivement la vue jusqu’à ne voir que quelques degrés de champ de vision », explique-t-il.

Toutefois, comme le nerf optique fonctionne toujours dans le cas de cette maladie, le doctorant en génie électrique estime qu’un traitement est envisageable. « Et si on remplaçait les cônes et bâtonnets défectueux par une prothèse? Que l’on développait une rétine artificielle composée d’une puce électronique? »

C’est ce que tentent de réaliser William Lemaire et son équipe, dirigée par le professeur Réjean Fontaine à l’Institut interdisciplinaire d’innovation technologique (3IT), en partenariat avec l’Université de Melbourne en Australie.

« Il existe très peu de traitements pour remédier à la rétinite pigmentaire qui touche environ une personne sur 4 000 au Canada, mentionne le doctorant. En plaçant des électrodes directement sur la rétine, nous tentons de reproduire le signal visuel qui serait normalement créé par la rétine », indique William Lemaire.

Si l’UdeS se concentre sur l’aspect électronique de la prothèse, l’Université de Melbourne s’attarde quant à elle au développement des électrodes, soit les contacts métalliques qui vont sur la rétine.

Plusieurs étapes demeurent somme toute encore nécessaires avant de voir une telle prothèse sur le marché, mais le doctorant reste confiant. « La technologie actuelle permet aux gens de voir des contours vagues, des cadrages de portes, à la limite de voir qu’il y a quelqu’un devant nous. Nous souhaitons aller plus loin et rétablir une vision beaucoup plus détaillée. Peut-être pourrons-nous compter sur cette technologie d’ici 10 ans? »

La prothèse développée par l’équipe du Groupe de recherche en appareillage médical de Sherbrooke mesure 3mm par 3mm.

Autres problèmes neurologiques

En parallèle, l’équipe du GRAMS développe un second appareil qui aura pour objectif de prédire les crises d’épilepsie.

S’il existe des médicaments à cet effet, William Lemaire affirme que d’autres avenues existent pour ceux et celles qui ne répondraient pas à la médication.

« En ce moment, il y a l’option de la chirurgie réfractive qui consiste à enlever une petite partie du cerveau qui pose problème. Mais c’est assez invasif comme procédure. C’est pourquoi nous travaillons sur un implant qui ira à la surface du cerveau et qui permettra de prédire les crises jusqu’à 24 heures à l’avance. »

« Bref, la rétine n’est qu’une porte d’entrée vers la compréhension du superordinateur que constitue notre cerveau », conclut William Lemaire.