« Techniquement, on s’enligne vers ça », a fait valoir la mairesse d’Hatley Hélène Daneau, en faisant valoir que cela devrait se confirmer avec une rencontre de la Régie du parc régional Massawippi mercredi matin.
Parallèlement, une vaste opération de plongée est en préparation. Celle-ci se déploiera à compter de lundi prochain. Entre 25 et 40 sites pourraient être examinés, selon la directrice générale de Bleu Massawippi, Michèle Gérin.
Bleu Massawippi a annoncé la semaine dernière avoir fait la découverte d’une vingtaine de moules zébrées, une espèce exotique envahissante qui a des effets importants sur les plans d’eau. Elle s’accroche aux bateaux, aux quais et aux prises d’eau potable des municipalités, en plus de favoriser l’éclosion de cyanobactéries. North Hatley, Canton de Hatley et Waterville ont des prises d’eau dans le Massawippi.
Avec l’accès restreint, seul l’accès par la plage Ayer’s Cliff demeurerait disponible, où se trouve une station de lavage. Le lavage - nerf de la guerre dans la lutte à la propagation - sera gratuit et sera réclamé à l’entrée et à la sortie du lac.
Hatley, Canton de Hatley, North Hatley, Sainte-Catherine-de-Hatley et Ayer’s Cliff sont réunies au sein de la Régie du parc régional Massawippi.
« On ne ferme pas le lac, on limite l’accès », précise Mme Daneau, en ajoutant que des affiches sont déjà prêtes à être installées. Comme la navigation est de juridiction fédérale, les municipalités souhaitaient d’abord attendre l’avis de Pêches et Océans Canada.
L’objectif est d’éviter la propagation et de permettre à des plongeurs de procéder à un inventaire. Bleu Massawippi entendait donner l’exemple en clôturant le parc qu’il possède à North Hatley, aux abords du lac.
Vaste opération de plongée
Bleu Massawippi doit accueillir à compter de lundi plusieurs plongeurs provenant d’organisations comme le RAPPEL, l’Aquarium de Québec et Québec Océan, un regroupement réunissant entre autres plusieurs universités et menant des recherches en océanographie. L’opération s’étirera jusqu’au vendredi.
Les différents intervenants sont à orchestrer le travail de recherche dans le lac Massawippi, précise Michèle Gérin. « On est en train d’attacher les ficelles », dit-elle en soulignant que les locaux de l’organisation pourront servir à accueillir les équipes.
Dès jeudi, des experts de Memphrémagog Conservation Inc (MCI) iront mesurer la densité des véligères - les larves qui proviennent des œufs des moules. Ce type d’opérations permet de voir s’il y a reproduction actuellement.
« C’est quelque chose de très difficile à faire. Ça prend des filets de plancton et des analyses dans le laboratoire », rappelle Mme Gérin, en soulignant que MCI a développé une expertise. Le lac Memphrémagog est touché par la moule zébrée depuis 2017.
Selon le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), les femelles adultes peuvent « pondre de 30 000 à 1 000 000 d’œufs par année ».
« Lors de l’éclosion, les larves, appelées véligères, se trouvent en suspension dans l’eau durant 15 à 30 jours (selon la température et la productivité planctonique estivale) et peuvent être facilement transportées par les courants sur de longues distances. »
Une fois introduite dans un milieu, la moule zébrée peut se reproduire très rapidement. C’est justement ce que l’on craint au Massawippi, où les conditions du lac, dont le taux de calcium, sont très favorables à sa reproduction.
À la suite de la découverte des moules le 15 octobre, six plongées ont déjà été effectuées
L’organisme redoutait cette découverte, les lacs Magog, Memphrémagog étant déjà atteints en Estrie, de même que les rivières Saint-François et Magog.




