Vincent Dumas était placé dans la trajectoire de la pelle mécanique

Vincent Dumas, un arpenteur de 26 ans, se trouvait dans l’angle mort d’une pelle mécanique quand il a été heurté par celle-ci, lors d’un accident de travail, indique la CNESST.

Vincent Dumas, un jeune arpenteur demeurant à Racine en Estrie, se trouvait dans l’angle mort d’une pelle mécanique quand il a été heurté par celle-ci, lors d’un accident de travail survenu en avril dernier, à Saint-Polycarpe.


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Dans son rapport sur l’enquête menée à la suite de la tragédie, la CNESST retient que la victime était positionnée dans la trajectoire de la pelle mécanique qui effectuait une manœuvre de recul dans la zone de remblai.

La procédure d’accès à la zone des travaux de remblai en présence de la pelle mécanique était incomplète puisque les travailleurs pouvaient se retrouver dans l’angle mort de l’opérateur à son insu.

Le jour de l’accident, le 28 avril 2021, M. Dumas, arpenteur pour EGL Construction inc., se trouvait sur le chantier de construction du poste électrique d’Hydro-Québec, à Saint-Polycarpe, dans la MRC de Vaudreuil-Soulanges. 

Le jeune homme de 26 ans effectuait ses tâches consistant à valider la hauteur et l’emplacement des boulons d’ancrage au coffrage-décoffrage. 

Au courant de la matinée, l’opérateur de la pelle mécanique a contacté M. Dumas par radio bidirectionnelle afin de lui demander de le rejoindre dans la zone des travaux pour une prise de mesure. M. Dumas s’est ainsi dirigé vers cette zone et a pris la mesure du remblai à l’avant de la pelle mécanique à l’aide de ses équipements. 

« Pour une raison inconnue, l’arpenteur est toujours dans la zone des travaux alors que l’opérateur de la pelle mécanique a entrepris une manœuvre de recul afin de poursuivre ses travaux », note la CNESST dans son rapport.

« C’est alors que l’arpenteur s’est retrouvé dans l’angle mort de l’opérateur. Ce dernier a par la suite constaté que l’arpenteur reposait au sol sous la chenille droite de la pelle. Les services d’urgence ont été appelés sur les lieux de l’accident et le décès du travailleur a été constaté sur place. »

À la suite de l’accident, la CNESST a interdit à l’employeur de réaliser les travaux avec une pelle mécanique sur le chantier situé sur le chemin de la Cité des Jeunes, à Saint-Polycarpe. Le 10 mai, la CNESST a autorisé la reprise des travaux avec une pelle mécanique, précise-ton. 

« L’employeur a délimité la zone des travaux lors de l’utilisation d’une pelle mécanique sur le chantier et a corrigé sa méthode de travail pour l’excavation du sol par l’ajout de mesures de prévention lorsqu’il y a présence de travailleurs dans la zone des travaux de remblai », affirme-t-on. 

« Il a également communiqué sa méthode de travail à tous les travailleurs du chantier. »

Pour prévenir les accidents du genre, on peut délimiter des zones de circulation réservées aux piétons et utiliser une signalisation adéquate, restreindre les manœuvres de recul et établir une communication efficace entre tous les travailleurs.

On doit aussi informer adéquatement les travailleurs des risques liés au travail qui leur est confié et leur assurer la formation et la supervision appropriées afin qu’ils puissent l’accomplir de façon sécuritaire.

« Par la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires », ajoute la CNESST.

« Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler. »

L’accident de travail mortel est survenu en avril sur le chantier de construction du poste électrique d’Hydro-Québec, à Saint-Polycarpe, dans la MRC de Vaudreuil-Soulanges.

«Les arpenteurs sont à risque»

Pierre Brassard, président de la CSN-Construction, dit que le syndicat dont faisait partie Vincent Dumas, a accompagné la famille du défunt dans l’épreuve. Plusieurs mois après les événements, ses proches sont encore sous le choc.

On souhaite que sa mort ne soit pas inutile. Les autorités doivent prendre acte des dangers et des lacunes d’un pareil chantier.

« Il existe des dispositifs sonores qui avertissent les opérateurs de machinerie lourde quand une personne se trouve dans leur environnement immédiat. Ça a un coût, mais combien vaut une vie humaine. Ces appareils électroniques pourraient évidemment servir sur plusieurs chantiers, ce qui amortit les coûts, soutient M. Brassard. Ils ont servi sur le chantier de l’échangeur Trucot et ils ont fait leurs preuves. »

« Les accidents de ce type se sont produits à quelques reprises au cours des dernières années. En trois ans, il y a eu cinq accidents impliquant des arpenteurs. C’est déplorable. Ils sont vraiment à risque. »

Claude Plante

Claude Plante, La Tribune

Claude Plante a été journaliste et édimestre pour le compte de La Tribune pendant plusieurs années. Véritable passionné de vélo et d'économie, il a signé des chroniques portant sur ces deux sujets notamment.